Presse
L’après-midi à Saint-Sauveur se termine avec Martin Jaspard (photo), 20 ans, élève d’Hortense Cartier-Bresson au CNSMDP, qui a obtenu l’an passé le 1er Prix du Concours Brahms de Detmold. Un passage un peu trop rapide à Angers au Festival Pianopolis, où le jeune artiste figurait dans la programmation concoctée par Alexandre Kantorow, ne nous avait pas laissé le temps de l’entendre là-bas fin mai. On s’est rattrapé à Lille. Quelle découverte. Plus, quelle révélation !
En prélude au morceau de résistance, les Tableaux d’une exposition, Jaspard enchaîne quatre pièces françaises où s’illustrent son art de coloriste et son profond sens poétique. La Pavane pour un infante défunte ouvre le récital, onirique et d’une parfaite tenue de ligne. Avec les Sonorités opposées de Debussy, la conscience que l’interprète a du matériau sonore qu’il pétrit, de sa dimension signifiante, se fait évidence, pour un résultat aussi mystérieux que pénétrant. Martin Jaspard est aussi compositeur : son Vers les cieux, plein d’élan, miroitant de couleurs, prépare idéalement au In Paradisum du Requiemde Fauré (dans la splendide transcription de Gabriel Durliat) : moment de grâce …
Alain Cochard – Lille Piano Festival 2025
Bertrand Renard – Jaroussky Concert décembre 25
Alain Cochard – Roque Anthéron 2025
Associer Mozart et Brahms dans un même opus et les placer en miroir. Voilà l’originalité de l’album que Martin Jaspard vient de publier et avec lequel il partira en tournée dans toute la France. Au programme la Sonate n°18 et le Rondo en la majeur de Mozart qui ouvrent et ferment l’enregistrement. Au centre les quatre ballades opus 10 et quatre pièces pour piano de Brahms jouées avec une intensité lumineuse. Martin Jaspard précise: «Mozart et Brahms incarnent à mes yeux une intégrité artistique exemplaire. Ils procurent une émotion constante. Brahms est un romantique qui s’épanche. Mozart ça pétille. Et parfois c’est l’inverse. » Ces deux aspects sont mis ici en lumière dans un rapport profond que le pianiste entretient avec ces œuvres. Ainsi une unité apparaît dans ces morceaux qui n’ont pas forcément de points communs au départ.
Jean-Rémi Barland – Martin Jaspard : Mozart et Brahms au cœur
Compositeur aussi
Amoureux de la poésie de René Char, Martin Jaspard a pour sa part puisé le texte d’ «Afin qu’il n’y soit rien changé » dans Fureur et Mystère. Un exercice un peu nouveau pour cet artiste d’à peine plus de 20 ans, mais très concluant à en juger par le sens poétique avec lequel sa partition épouse les mots, rythme et sens, merveilleusement servie par Lisa Chaïb-Auriol, avec l’auteur au clavier.
Alain Cochard – Académie Jaroussky Avril 2026
Marie-Jeanne Le Roux, Ouest France – Angers Grand Théâtre Octobre 2025